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Une cagnotte en ligne pour doubler la production du Comptoir des Confitures

Une cagnotte en ligne pour doubler la production du Comptoir des Confitures

Fondé en 2001 par Catherine Manoël, le Comptoir des Confitures s’est forgé une solide réputation en France et à l’étranger.

Une cagnotte en ligne a récemment été lancée pour aider le Comptoir des Confitures, basé à Coursan-en-Othe, à doubler sa capacité de production. Objectif : réunir 15 000 euros pour financer l’achat de matériel et les travaux nécessaires à l’agrandissement de l’atelier.

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Un savoir-faire reconnu

Fondé en 2001 par Catherine Manoël, le Comptoir des Confitures s’est forgé une solide réputation en France et à l’étranger. Ancienne directrice du personnel, elle a fait le pari audacieux de se reconvertir dans l’artisanat. Son exigence et son savoir-faire lui ont valu d’être repérée par une compagnie de jets privés lors d’un salon gastronomique à Nice, ouvrant ainsi les portes de distributeurs uniques en Autriche, Angleterre, Allemagne, Luxembourg, Suisse, Espagne et Japon. En 2012, elle décide de quitter le Gard et recherche une ferme isolée. Son choix se porte sur Coursan-en-Othe, où elle repart à la conquête d’une nouvelle clientèle locale. En 2023, elle a également obtenu le titre de Compagnon Confiturier du Devoir Égalitaire, décerné par les Compagnons du Devoir.

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Une production artisanale exigeante

Depuis près de 20 ans, Catherine Manoël met un point d’honneur à travailler uniquement des produits frais et de saison, décortiqués et cuisinés à la main. Son catalogue compte près de 250 recettes, pouvant atteindre 600 références en période de récolte, dont 40 déclinaisons de confitures à la fraise. Un savoir-faire précis qui nécessite du temps : « Chaque fruit a sa recette. Pour les châtaignes, il faut quatre cuissons : une pour la peau extérieure, une pour la peau fine, puis deux avec et sans sucre. » Mais avec l’augmentation des commandes, les délais de production se sont allongés, passant de deux semaines à un mois. Afin d’y remédier, elle souhaite acquérir quatre feux supplémentaires, une hotte ainsi que réaliser des travaux d’alimentation en gaz et de maçonnerie. « L’idée est de faire tourner les bassines en cuivre plus rapidement pour chaque étape », explique-t-elle.

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Un appel à la solidarité

Face à ces défis et au refus de sa banque, une de ses connaissances lui a suggéré de lancer une cagnotte en ligne. « Je n’y aurais jamais pensé, mais l’idée a fait son chemin. » En quelques jours, plus de 1 000 euros ont déjà été collectés, avec des dons allant de 5 à 200 euros. « Je passe mes journées, même les dimanches, seule dans mon atelier de Coursan-en-Othe. Cette solidarité me paraît irréelle et cette confiance, c’est merveilleux. » En contrepartie des contributions, elle imagine proposer aux donateurs des dégustations et des conseils pour transformer les fruits de leur verger ou jardin. « Expliquer pourquoi j’utilise des framboises entières, évoquer les accords avec différentes confitures, c’est aussi le rôle de l’artisan. »

Un projet d’avenir

Avec cet agrandissement, Catherine Manoël espère également pouvoir recruter un collaborateur et entamer la transmission de son savoir-faire. « Il faut au moins deux à trois ans de formation et accepter qu’il est impossible de prendre des congés en août, en pleine saison. » À 68 ans, celle qui a troqué les courses automobiles et une rémunération dix fois plus élevée pour la confection artisanale de confitures ne manque ni de détermination ni de passion. « Au lancement du Comptoir des Confitures, j’ai vendu ma voiture pour financer mon atelier en 2001. Si nécessaire, je le referais sans hésiter. »

Aujourd’hui, elle continue de vendre ses créations chaque samedi sur le marché des Halles, tout en espérant que cette collecte lui permettra d’accélérer sa production. « Je gagne dix fois moins qu’avant, mais je suis heureuse, et ça n’a pas de prix. »

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