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Le procès devant les Assises de l’Aube de Bernard Pallot s’est déroulé à partir de lundi. Le 11 octobre 2021, à Isle Aumont, l’homme a tué son épouse, malade. Pendant 3 jours, l’accusé dit avoir agi par amour et avoir répondu à la demande de son épouse. Le récit du procès.
L’audience débute par un rappel des faits établis lors de l’établissement du profil psychologique de l’auteur. Le 11 octobre 2021, à Isle Aumont, Bernard Pallot dit répondre à la demande de son épouse Suzanne de la tuer. Malade chronique, elle se plaint de souffrir et de vivre des situations dégradantes. Ayant partagé 52 ans de vie commune, son mari se renseigne d’abord, et avec insistance, sur les moyens d’atténuer sa douleur. Puis, il cède à son injonction de l’aider à mourir. Suzanne appelle son fils à 17h pour lui dire adieu.
Le mari se renseigne sur le suicide puis il tente de l’empoisonner via une piqure de cyanure à la cuisse. Inefficace, il hésite à utiliser un fusil, son épouse aurait alors réclamé de l’étrangler Il prend alors un câble et selon ses mots : il saute sur elle. Il serre durant 20 minutes. Devant la psychiatre lors de l’instruction, il déclare : « on était soulagés ensemble. Je l’ai euthanasié sans sentiment de culpabilité ». Lors du procès, son fils et une association militante pour le droit à mourir ont été entendus.
Le ministère public rappelle aux jurés qu’en France, on ne peut pas s’arroger le droit de tuer ni par amour, ni pour atténuer les souffrances. Il rappelle qu’ils ne sont pas là pour légiférer. Parce que l’argument de l’euthanasie est inopérant, parce qu’il n’existe pas de circonstances atténuantes en droit pénal, parce que l’acte est prémédité, une peine doit être prononcée… Le procureur général demande une peine de 8 ans de prison. Mais compte tenu de l’âge de l’auteur des faits, du faible risque de récidive, le laisser en liberté n’entraînera pas de désordres publics.
Les avocats de Bernard Pallot donnent aux jurés une issue juridique. Ils plaident que les contraintes caractérisées entraînent l’impunité. Ils demandent aux jurés d’exprimer leur intime conviction qu’un suicide assisté n’est pas un assassinat. Bernard Pallot clos l’audience avec ces mots « je n’ai pas tué. J’ai retiré la vie à ma femme. Je ne suis pas un assassin. »
Le délibéré est tombé ce mercredi après midi. La cour a prononcé l’acquittement. Bernard Pallot est aujourd’hui âgé de 78 ans. Après un an de prison et 3 ans après la disparition de sa femme, il doit continuer à se reconstruire…
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