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9 septembre 2025 à 11:13

GRAND FORMAT : l’espace vivant de la bonneterie conserve la mémoire de "Romilly chaussettes"

À Romilly-sur-Seine, l’association Romilly Patrimoine entretient la mémoire de la bonneterie, industrie qui valut jadis à la ville son surnom de « Romilly-les-Chaussettes ». Installé au 2 rue Robert-Galley, l’Espace vivant de la bonneterie rassemble plus de 6 400 objets et un parc de machines en état de fonctionnement, sur plus de 1 000 m² d’exposition.

Depuis son ouverture en 2018, une quarantaine de bénévoles — dont une douzaine actifs — assurent l’entretien, les visites guidées et la transmission du savoir-faire. Chaque jeudi après-midi, ils dévoilent au public les secrets de la fabrication d’une chaussette, du fil au produit fini. Des visites sur rendez-vous sont également proposées pour les groupes.

L’an dernier, la fréquentation a progressé de 1 000 à 1 500 visiteurs. Les collections incluent aussi huit fonds d’archives, soit 150 000 références, ainsi que des pièces insolites comme la plus grande chaussette du monde.

Des anciens ouvriers transmettent leur savoir

Les visites sont assurées par d’anciens professionnels du secteur. Parmi eux, Francis, licencié en 2010 après vingt-cinq ans d’expérience en bonneterie, a repris la main sur des machines qu’il connaît par cœur. Face au public, il a adapté son discours : « Je me suis rendu compte que les gens, en technique, il y a des termes qu’ils ne connaissaient pas du tout. Donc maintenant, je parle autrement. » Il explique ainsi la notion de jauge — le nombre d’aiguilles par pouce — qui détermine la finesse du tricot : plus la jauge est élevée, plus la maille est serrée et le produit haut de gamme.

Les visiteurs viennent de toute la France. Des groupes en provenance de Rennes ou de Lyon ont fait le déplacement ces dernières semaines, attirés notamment par le fonctionnement des machines en activité. Le bruit, les odeurs d’huile, la mécanique visible : autant de sensations qui donnent à comprendre les conditions de travail d’une époque où les protections auditives n’existaient pas.

Un patrimoine industriel ancré dans l’histoire locale

Romilly-sur-Seine fut longtemps une cité ouvrière dont une large partie de la population travaillait en bonneterie. Les établissements Olympia employaient plus de 2 000 personnes, les établissements Dupré jusqu’à 1 500. L’autre grand employeur de la ville était la SNCF.

L’Espace vivant conserve également le fonds Jacquemart Olympia, récupéré à la fermeture de l’entreprise en 2010 : environ 50 000 paires de chaussettes de collection, dont des modèles brodés datant des années 1930. Une particularité du lieu : un atelier cirier reconverti, qui paraffinait les fils pour faciliter leur glissement dans les aiguilles des métiers à tricoter.

Texte de la rédaction complété avec l’aide de l’intelligence artificielle, à partir de l’émission.